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Découvrez comment fonctionne la recherche scientifique et comment y participer

Par Sarah Journée

Atelier Sociétés Ateliers Tous Chercheurs Découvrez comment fonctionne la recherche scientifique et comment y participer Vous vous êtes toujours demandés comment fonctionnait la recherche scientifique et s’il était possible d’y participer en tant que citoyen·nes ? Alors cet atelier est fait pour vous ! Participez à ce temps d’échange animé par une scientifique de l’association Tous Chercheurs pour : Comprendre comment se construit une nouvelle connaissance scientifique Se questionner sur sa place de citoyen·ne aux côtés des chercheur·ses Découvrir des projets de sciences et recherches participatives auxquels participer ! L’intervenante : Eléa Héberlé est biologiste, médiatrice scientifique indépendante, autrice, conférencière, podcasteuse, vulgarisatrice, … Mais avant toute chose elle adore partager sa passion pour la science avec le monde entier ! Inscrivez-vous à l’atelier en suivant le lien suivant, attention les places sont limitées ! Inscription à l’atelier Cet atelier porté par le réseau Tous Chercheurs est soutenu par le Ministère de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur et la région Grand Est. Informations pratiques 28 février 2026 14h – 17h30 Tout public à partir de 10 ans Gratuit sur inscription La Nef des Sciences, 2bis rue des Frères Lumière 68200 MULHOUSE Ajouter au calendrier   Google Agenda iCalendar Outlook 365 Outlook Live Nous retrouver sur : Facebook Instagram Linkedin Youtube « Tous les Évènements

Éditer le génome pour soigner : où en sont les thérapies issues de CRISPR et ses dérivés ?

Par Sarah Journée

Publié le 7 janvier 2026 Éditer le génome pour soigner : où en sont les thérapies issues de CRISPR et ses dérivés ? Carole Arnold, Université de Haute-Alsace (UHA) Nous assistons à une nette montée des espoirs pour des maladies rares, souvent « orphelines ». Par exemple, un nourrisson atteint d’un déficit métabolique rare (une maladie génétique dans laquelle une enzyme ou une voie métabolique essentielle ne fonctionne pas correctement) dû à une mutation sur le gène CPS1, a reçu en 2025 un traitement « sur mesure » utilisant la technique d’édition de base (base editing), avec des résultats biologiques encourageants. Aujourd’hui, l’édition génique n’est plus une hypothèse lointaine, mais donne des résultats concrets et change déjà la vie de certains patients. Pour comprendre ce qui est en train de se jouer, il faut revenir sur les progrès fulgurants de ces dernières années, des premiers essais pionniers aux versions de plus en plus sophistiquées de l’édition génomique. Développée en 2012 grâce à l’association d’une endonucléase, Cas9, et de petits ARN guides (sgRNA), cette méthode d’édition ciblée du génome a bouleversé la biologie moderne, au point de valoir à ses inventrices le prix Nobel de chimie en 2020. Depuis son invention, le CRISPR-Cas9 classique est largement utilisé dans les laboratoires, dont le nôtre, pour créer des modèles cellulaires de maladies, fabriquer des cellules qui s’illuminent sous certaines conditions ou réagissent à des signaux précis, et explorer le rôle de gènes jusqu’ici mystérieux.   Un premier système extraordinaire mais imparfait Côté clinique, l’utilisation de CRISPR-Cas9 a ouvert des possibilités thérapeutiques inédites : modifier précisément un gène, l’inactiver ou en corriger une version défectueuse, le tout avec une simplicité et une rapidité jusqu’alors inimaginables. Mais cette puissance s’accompagnait alors de limites importantes : une précision parfois imparfaite, avec des coupures hors-cible difficiles à anticiper (des modifications accidentelles de l’ADN réalisées à des endroits non prévus du génome), une efficacité variable selon les cellules, et l’impossibilité d’effectuer des modifications plus fines sans induire de cassure double brin (une rupture affectant les deux brins d’ADN à un site génomique spécifique) potentiellement délétère. Ces limites tiennent en grande partie au recours obligatoire aux cassures double brin et à la réparation par homologie (mode de réparation de l’ADN dans lequel la cellule s’aide d’une séquence d’ADN modèle très similaire – ou fournie par le chercheur – pour réparer une cassure double brin), un mécanisme peu fiable et inégal selon les types cellulaires. Mais la véritable rupture est apparue à partir de 2016 avec l’invention des éditeurs de base (base editors), des versions ingénieusement modifiées de CRISPR capables de changer une seule lettre de l’ADN sans provoquer de cassure double brin. Pour la première fois, il devenait possible de réécrire le génome avec une précision quasi chirurgicale, ouvrant la voie à des corrections plus sûres et plus fines que celles permises par Cas9 classique. Cependant, les base editors restaient limités : ils permettaient d’effectuer certaines substitutions de bases, mais étaient incapables de réaliser des insertions ou des modifications plus complexes du génome. Ces limitations des base editors ont été en partie levées avec l’arrivée de leurs successeurs, les prime editors, en 2019 : ces nouvelles machines moléculaires permettent non seulement de substituer des bases, mais aussi d’insérer ou de supprimer de courtes séquences (jusqu’à plusieurs kilobases), le tout sans provoquer de cassure double brin, offrant ainsi un contrôle beaucoup plus fin sur le génome. Cette technique a été utilisée avec succès pour créer en laboratoire des modèles cellulaires et animaux de maladies génétiques, et des plantes transgéniques. Cependant, en pratique, son efficacité restait trop faible pour des traitements humains, et le résultat dépendait du système de réparation de la cellule, souvent inactif ou aléatoire. Mais en six ans, la technique a gagné en précision et polyvalence, et les études chez l’animal ont confirmé à la fois son efficacité et la réduction des effets hors-cible. Résultat : en 2025, six ans après son invention, le prime editing fait enfin son entrée en clinique, un moment que beaucoup de médecins décrivent comme un véritable tournant pour la médecine.   Des traitements sur le marché Dès 2019, de premiers essais cliniques avec le système CRISPR-Cas9 classique (le médicament Casgevy) avaient été réalisés sur des patients atteints de β-thalassémie et drépanocytose, deux maladies génétiques de l’hémoglobine, via la correction ex vivo et la réinjection des cellules modifiées au patient. Les premiers résultats étaient prometteurs : certains patients avaient vu leur production de globules rouges anormaux corrigée de manière durable, avec une amélioration significative de leurs symptômes, après une unique injection. Le traitement Casgevy a d’ailleurs été approuvé en Europe en 2024, pour un coût d’environ 2 millions d’euros par patient. Plus récemment, en 2025 un bébé atteint d’une mutation du gène CPS1 a été guéri grâce à l’édition de base, la version moins invasive et plus sûre de CRISPR-Cas9, mais qui reste limitée aux substitutions ponctuelles et ne permet pas toutes les modifications (pas d’insertion de séquences longues). Mais aujourd’hui, le prime editing lève les deux grands verrous du CRISPR-Cas9 classique – la nécessité de casser l’ADN et la dépendance à des mécanismes de réparation inefficaces – ouvrant la voie à une édition plus sûre, plus précise et applicable à un spectre beaucoup plus large de maladies. Il n’est plus limité à de simples conversions ponctuelles, mais permet pour la première fois de remplacer ou restaurer un gène complet, de façon précise et contrôlée. L’année 2025 marque le premier succès clinique d’une telle thérapie – une étape historique pour l’édition génomique. En effet, le 19 mai 2025 la société Prime Medicine fondée par David Liu, inventeur du prime editing, a annoncé la première administration humaine de sa thérapie, destinée à un jeune patient atteint de granulomatose chronique, une maladie immunitaire rare liée à une mutation de l’ADN. Les premiers résultats biologiques de ce « CRISPR ultrapuissant » se sont révélés très prometteurs, ouvrant une nouvelle ère pour l’édition génomique. Il faudra toutefois patienter encore quelques mois avant de mesurer réellement le succès du prime editing : les premiers essais cliniques restent très récents et le manque de…

Cycle de conférence Sciences et Société de l’UP – Vous avez dit « cohabitation culturelle » ? Et si on parlait d’abord d’incommunication ?

Par Sarah Journée

Conférence Sociétés Cycle de conférences Sciences et Société de l’UP Vous avez dit « cohabitation culturelle » ? Et si on parlait d’abord d’incommunication ? Avant d’invoquer la cohabitation culturelle, regardons d’abord ce qui entrave le dialogue interculturel. Clichés, préjugés et représentations négatives des étrangers circulent dans les espaces médiatiques et politiques, nourrissant la peur de l’autre. Les obstacles au vivre-ensemble sont largement commentés, voire instrumentalisés dans les espaces publics. Cette conférence propose une plongée lucide dans ce qui échappe souvent à l’analyse, pour bousculer les idées reçues et les imaginaires collectifs : l’incommunication. L’intervenante : Johanne Samè est maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication et chercheuse au Centre de Recherche sur les Économies, les Sociétés, les Arts et les Techniques (CRESAT) à l’Université de Haute-Alsace. Informations pratiques 21 mai 2026 18H30 – 20H Tout public Entrée gratuite Université Populaire du Rhin, salle de conférence de la Cour des Chaînes, 13 rue des Franciscains, Mulhouse Ajouter au calendrier Google Agenda iCalendar Outlook 365 Outlook Live Nous retrouver sur : Facebook Instagram Linkedin Youtube UP du Rhin « Tous les Évènements

Cycle de conférence Sciences et Société de l’UP – Femme, artiste et entrepreneure. Le défi de Caroline

Par Sarah Journée

Conférence Gestion, Sociétés Cycle de conférences Sciences et Société de l’UP Femme, artiste et entrepreneure. Le défi de Caroline Comment concilier la vie de femme, d’entrepreneure, d’artiste, les ambitions de création et les nécessités économiques ? Voici une équation qui semble difficile à résoudre. Voici un parcours parsemé d’embûches qui peut effrayer. Mais Caroline n’a pas froid aux yeux. Cette vie multifacette, cette chanteuse lyrique et fondatrice gestionnaire d’une association, l’a voulue et elle est parvenue à structurer son projet. Comment ? C’est ce que nous découvrirons ensemble lors de cette conférence. L’intervenante : Isabelle Horvath est professeure des universités en sciences de gestion et du management et chercheuse au Centre de REcherche en Gestion des Organismes (CREGO) à l’Université de Haute-Alsace. Informations pratiques 16 avril 2026 18H30 – 20H Tout public Entrée gratuite Université Populaire du Rhin, salle de conférence de la Cour des Chaînes, 13 rue des Franciscains, Mulhouse Ajouter au calendrier Google Agenda iCalendar Outlook 365 Outlook Live Nous retrouver sur : Facebook Instagram Linkedin Youtube UP du Rhin « Tous les Évènements

Cycle de conférence Sciences et Société de l’UP – Comment les robots perçoivent-ils le monde ?

Par Sarah Journée

Conférence Numérique, Sociétés Cycle de conférences Sciences et Société de l’UP Comment les robots perçoivent-ils le monde ? Pour percevoir son environnement, il faut non seulement pouvoir le capter, mais aussi interpréter les données de façon judicieuse — ceci reste un défi pour les robots. Les robots destinés au grand public sont de plus en plus présents dans notre quotidien, mais ils restent aujourd’hui assez proches de plates-formes à roues ou volantes (aspirateurs, tondeuses, drones par exemple). L’industrie est équipée de bras spécialisés, pour l’assemblage et la manutention. Ces robots industriels et du quotidien ont un point commun : ils disposent de peu de capteurs leur permettant de percevoir le monde. Ceci les rend plus simples à gérer, mais limite grandement leurs capacités. On observe néanmoins depuis quelques années l’émergence de robots beaucoup plus complexes. Les robots humanoïdes, comme ceux de Boston Dynamics ou plus récemment Tesla, en sont les exemples les plus frappants. Ces robots plus perfectionnés restent aujourd’hui des robots de recherche : ils peuvent faire beaucoup plus de choses, mais leur programmation est beaucoup plus complexe. Dans cette conférence Stéphane Bazeille présentera ce que sont les robots, ce qu’est la perception pour les robots, et le panorama des capteurs existants aujourd’hui. Il poursuivra par une présentation des manières dont les robots traitent les données capteurs et donc comment ils perçoivent le monde. D’une part dans le cas des robots industriels et également dans le cas des voitures autonomes. Il conclura enfin cette intervention en parlant de l’influence de l’IA sur l’évolution de ces travaux scientifiques. L’intervenant : Stéphane Bazeille est maître de conférence et enseignant-chercheur en génie informatique et traitement du signal à l’Institut de Recherche en Informatique, Mathématiques, Automatique et Signal (IRIMAS) de l’Université de Haute-Alsace. Il a également écrit un article The Conversation sur le sujet à lire ici : Tous |Article |Non classé |Podcast |Question |Recherche participative |Vidéo Comment les robots perçoivent-ils le monde ? Informations pratiques 11 juin 2026 18H30 – 20H Tout public Entrée gratuite Université Populaire du Rhin, salle de conférence de la Cour des Chaînes, 13 rue des Franciscains, Mulhouse Nous retrouver sur : Facebook Instagram Linkedin Youtube UP du Rhin « Tous les Évènements

Cycle de conférence Sciences et Société de l’UP – L’Intelligence Artificielle : la réalité au-delà du mythe

Par Sarah Journée

Conférence Numérique, Sociétés Cycle de conférences Sciences et Société de l’UP L’Intelligence Artificielle : la réalité au-delà du mythe Plongez au cœur de l’intelligence artificielle et démêlez le vrai du faux ! Durant cette conférence, nous retracerons l’histoire de l’IA, expliquerons son véritable fonctionnement et dévoilerons ce qu’elle est… et ce qu’elle n’est pas ! Loin des fantasmes, venez découvrir les principes concrets qui animent l’IA, ses limites actuelles et son impact réel sur nos vies. Une occasion unique de comprendre enfin ce qui se cache derrière le mythe.   L’intervenant : Jonathan Weber est professeur des universités en informatique à l’ENSISA et chercheur à l’Institut de Recherche en Informatique, Mathématiques, Automatique et Signal (IRIMAS) de l’Université de Haute-Alsace. Informations pratiques 12 février 2026 18H30 – 20H Tout public Entrée gratuite Université Populaire du Rhin, salle de conférence de la Cour des Chaînes, 13 rue des Franciscains, Mulhouse Ajouter au calendrier Google Agenda iCalendar Outlook 365 Outlook Live Nous retrouver sur : Facebook Instagram Linkedin Youtube UP du Rhin « Tous les Évènements

Cycle de conférence Sciences et Société de l’UP – 2049. Ce que le climat va faire à l’Europe

Par Sarah Journée

Conférence Environnement, Sociétés Cycle de conférences Sciences et Société de l’UP 2049. Ce que le climat va faire à l’Europe A quoi ressemblera notre vie dans les décennies à venir sur une Terre qui aura franchi les principaux points de basculement ? D’ailleurs, pourrons-nous seulement y vivre ?  Fort de savoirs sans cesse actualisés, Nathanaël Wallenhorst dépeint d’une façon très concrète ce que sera 2049 côtés écosystémique, climatique et sociétal. Quelles seront les températures en 2049 ? Pourrons-nous les supporter ? Devrons nous faire face à une fournaise urbaine ou même à une planète désertique ? Eau potable, santé en sursis, catastrophes climatiques, faim et même guerres, l’auteur informe, explique et dessine ce que seront nos conditions d’existence dans ce futur proche. Comment aimerons-nous dans vingt-cinq ans ? Comment travaillerons-nous ? A quoi ressembleront nos existences, en Thessalonique, Laponie ou à Rennes ? C’est à toutes ces questions que cette conférence apporte des réponses. L’intervenant : Nathanaël Wallenhorst est docteur en sciences de l’environnement, science politique et sciences de l’éducation, professeur et doyen à la faculté d’éducation de l’Université catholique de l’Ouest à Angers et chercheur associé au Laboratoire Interuniversitaire des Sciences de l’Éducation et de la Communication (LISEC) de l’Université de Haute-Alsace. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, il est membre de l’Anthropocene Working Group (AWG), le groupe officiel de géologues en charge de la datation de l’entrée dans l’Anthropocène. Il a notamment écrit un article sur le sujet pour The Conversation que vous pouvez retrouver ici : Tous |Article |Non classé |Podcast |Question |Recherche participative |Vidéo L’anthropocène, un objet frontière qui signifie plus qu’une tranche de temps géologique Informations pratiques 15 janvier 2026 17H30 – 19H Tout public Entrée gratuite Université Populaire du Rhin, salle de conférence de la Cour des Chaînes, 13 rue des Franciscains, Mulhouse Nous retrouver sur : Facebook Instagram Linkedin Youtube UP du Rhin « Tous les Évènements

Cycle de conférence Sciences et Société de l’UP – Collaboration école et protection de l’enfance pour la réussite et l’inclusion des enfants placés

Par Sarah Journée

Conférence Sociétés Cycle de conférences Sciences et Société de l’UP Collaboration école et protection de l’enfance pour la réussite et l’inclusion des enfants placés La thématique des enfants placés est de plus en plus abordée dans le débat contemporain. Ce sujet est souvent traité via l’angle du devenir des enfants placés. En France, il apparait que parmi les enfants placés, 30% d’entre eux ont vécu une période sans domicile fixe. Ainsi, la réussite et l’inclusion scolaire de ces mineurs est un sujet majeur. La collaboration interprofessionnelle apparait comme une pratique innovante pour y contribuer. Cependant, cet objet de recherche est peu étudié dans la littérature scientifique. Cette conférence traitera de la collaboration interprofessionnelle entre éducateurs et enseignants. Elle mettra en avant les points d’appui et de vigilance en lien avec cette dernière et permettra également de proposer des pistes de réflexion et d’action. Les intervenantes : Nathalie Gavens est maîtresse de conférences HDR en psychologie de l’éducation au Laboratoire Interuniversitaire des Sciences de l’Éducation et de la Communication (LISEC) à l’Université de Haute-Alsace. Héléna Frithmann est docteure en sciences de l’éducation et de la formation et attachée temporaire d’enseignement et de recherche au LISEC à l’Université de Strasbourg. Elles ont toutes les deux cosigné un article The Conversation que vous pouvez retrouver ici : Tous |Article |Non classé |Podcast |Question |Recherche participative |Vidéo Aide sociale à l’enfance : ces mineurs pris en charge qui entrent dans la prostitution Informations pratiques 18 décembre 2025 18H30 – 20H Tout public Entrée gratuite Université Populaire du Rhin, salle de conférence de la Cour des Chaînes, 13 rue des Franciscains, Mulhouse Nous retrouver sur : Facebook Instagram Linkedin Youtube UP du Rhin « Tous les Évènements

Cycle de conférence Sciences et Société de l’UP – IA et éducation : une même révolution, des visions multiples

Par Sarah Journée

Conférence Sociétés Cycle de conférences Sciences et Société de l’UP IA et éducation : une même révolution, des visions multiples L’IA générative fait une entrée remarquée dans le monde éducatif. Mais comment est-elle perçue par celles et ceux qui seront les enseignants et les professionnels de l’éducation de demain ? En France, au Québec, en Martinique, en Guadeloupe… les regards évoluent. Méfiance, enthousiasme, ambivalence, espoir : les émotions varient, tout comme les représentations aussi. Que révèle cette diversité ? Une fracture culturelle ? Une opportunité pédagogique ? Une révolution silencieuse ? Cette conférence vous propose un voyage à travers les voix de 129 étudiants en quatrième année de formation initiale en sciences de l’éducation, recueillies dans le cadre d’une enquête exploratoire internationale inédite. Leurs témoignages dessinent un autre visage de l’éducation de demain et invitent à penser autrement l’appropriation de l’IA à l’aune des cultures et des territoires. Les intervenant·es : Holly MANY est docteur en science de l’éducation et ingénieur de recherche au Laboratoire Interuniversitaire des Sciences de l’Éducation et de la Communication (LISEC) à l’Université de Haute-Alsace. Raoul KAMGA est professeur en technologies éducatives à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Canada. Josiane KOUMENDA est ingénieure d’études et doctorante en sciences de l’éducation au Centre de Recherches et de Ressources en Éducation et Formation à l’Université des Antilles (Martinique). Informations pratiques 13 novembre 2025 18H30 – 20H Tout public Entrée gratuite Université Populaire du Rhin, salle de conférence de la Cour des Chaînes, 13 rue des Franciscains, Mulhouse Ajouter au calendrier Google Agenda iCalendar Outlook 365 Outlook Live Nous retrouver sur : Facebook Instagram Linkedin Youtube UP du Rhin « Tous les Évènements

Pourquoi si peu de transparence concernant les pesticides ?

Par Sarah Journée

Publié le 29 janvier 2025 Pourquoi si peu de transparence concernant les pesticides ? Elisabeth Lambert, Nantes Université; Karine Favro, Université de Haute-Alsace (UHA) et Quentin Chancé, Centre national de la recherche scientifique (CNRS) La moitié des fruits cultivés en France comporte au moins un pesticide potentiellement dangereux. Derrière les enjeux de transparence sur ces produits et leur utilisation, on retrouve des obstacles de nature légale, administrative, technique et sociale. Des voies d’amélioration sont toutefois possibles, du champ jusqu’à l’assiette, pour le riverain d’exploitation agricole comme pour le consommateur. La moitié des fruits et le quart des légumes cultivés en France conservent, lorsqu’ils sont consommés, au moins un pesticide cancérigène, ou bien susceptible de provoquer des mutations de l’ADN, ou encore d’affecter la reproduction. Une réalité qui préoccupe, d’où la demande de plus de transparence. Pourquoi est-ce important ? Tout d’abord, car la transparence permet de garantir la responsabilité des acteurs en cas d’atteintes à la santé et à l’environnement ; ensuite, car elle favorise la confiance du public à l’égard des autorités régulatrices et des entreprises agricoles en démontrant leur engagement envers la sécurité et la durabilité. Enfin, la transparence facilite la surveillance et l’évaluation des risques, en permettant aux chercheurs et aux experts de disposer de données fiables et accessibles pour étudier leurs effets à long terme. Mais entre la théorie et la pratique, on trouve un monde, des obstacles de nature légale, administrative, informatique, ainsi que des barrières techniques, politiques et sociétales, et des questionnements sur la façon de rendre une information pertinente et claire. Malgré tout cela, plus de transparence est encore possible, et ce, du champ jusqu’à l’assiette, pour le riverain d’exploitation agricole comme pour le consommateur. Voici comment.   Informer le grand public des usages des pesticides Les questionnements autour des pesticides débutent souvent lors de leur épandage par un agriculteur. Aujourd’hui, le partage des informations disponibles à ce sujet reste très laborieux : lors d’une commission d’enquête sur les « plans successifs de maîtrise des impacts des produits phytosanitaires sur la santé humaine et environnementale » en 2023, le député PS Dominique Potier qualifiait la recherche d’information d’« ubuesque ». Les limites sont ici avant tout réglementaires et techniques. En effet, les agriculteurs doivent répertorier, depuis 2009, leurs usages de pesticides (produits, quantités, sites d’épandage) dans des « cahiers de culture », mais ces derniers ne sont accessibles et mobilisables par les pouvoirs publics qu’en cas de contrôle (5 % à 7 % des fermes par an). Le 14 janvier 2025, le premier ministre souhaitait malgré tout voir réduire ce nombre. Un Règlement européen d’exécution du 10 mars 2023 pourrait cependant aider à plus de transparence, puisqu’il imposera l’obligation, en 2026, de numériser et harmoniser ces registres afin de faciliter la connaissance scientifique en matière de santé environnementale. Cette question de l’harmonisation est loin d’être anodine, car, en pratique, les filières agricoles disposent déjà de registres d’usage de pesticides via les systèmes de traçabilité internes des coopératives, des groupements industriels et de producteurs, lesquels rassemblent le contenu des cahiers de cultures. Mais détenues par de multiples acteurs via des logiciels différents, ces bases de données ne sont pas « informatiquement » compatibles entre elles. Un travail technique de mise en équivalence doit donc être réalisé si l’on veut les réunir et former une base de données publique. Ce virage n’est toutefois pas impossible, comme l’ont montré les pouvoirs publics danois et slovaques, qui ont permis aux agriculteurs de rentrer leurs données en ligne sur une plate-forme gratuite gérée par l’État, sans avoir à débourser d’argent pour exploiter un logiciel privé ; cela faciliterait la collecte publique de ces informations, sans opérer de contrôle sur place, et leur traitement. Ce changement pourrait également rendre les agriculteurs sereins, avec des contrôles qui pourraient, dès lors, être plus transparents, se faisant au fil de l’eau par collecte des données numériques. En outre, depuis 2022, les données relatives aux pesticides, sont entrées dans le Régime européen spécifique pour les données d’intérêt général (RGPD, qu’on nomme « régime de l’altruisme »), ce qui pourrait également en accélérer la mise à disposition pour tous les publics concernés et enlever les feins liés à la disponibilité des données. Mais qu’en est-il des informations sur les moments et lieux précis d’épandage des pesticides ?   L’information des riverains sur les épandages de pesticides Actuellement, une des populations les plus demandeuses de transparence restent les riverains, soucieux de leur santé. Si, sur le plan médiatique, les personnes qui s’inquiétent de ces questions sont souvent perçues comme des militants politiques, le père d’un enfant gravement malade, vivant dans la région de La Rochelle, où l’on soupçonne un cluster de cancers pédiatriques lié à l’épandage des pesticides, résumait ainsi son engagement initial : « On n’était pas des militants actifs, mais des parents d’élève. » Informer les riverains leur donnerait la possibilité de se protéger en partie des retombées des épandages. Mais, ici aussi, avoir des informations claires et précises à l’échelle des parcelles reste laborieux. Tenter de modifier cela, s’est d’ailleurs transformé en un feuilleton normatif et judiciaire qui dure depuis cinq ans. Certains territoires (comme le Limousin pour la pomme, et l’Isère pour la noix) avaient à l’époque commencé à mettre en œuvre des initiatives concertées d’information des riverains, par SMS ou par l’intermédiaire d’applications numériques, la veille des traitements. Mais l’obligation faite par l’État en 2019 d’utiliser des chartes réglementaires (des textes obligatoires listant les engagements des applicateurs de pesticides et rappelant les enjeux liés aux épandages), pour fournir ces informations, a provoqué une crispation des agriculteurs et un recul de pratiques initiées localement et/ou par filières. Après cela, les chartes élaborées de 2020 à 2023 n’ont exigé qu’une nécessité d’information au moment de l’épandage (souvent par allumage du gyrophare du tracteur au moment du traitement et via par exemple l’affichage des calendriers de traitements prévisibles sur les sites des chambres d’agriculture). Mais ces chartes ont été considérées comme contraires à la réglementation en janvier par le tribunal administratif d’Orléans, puis, en novembre 2024, par la cour administrative d’appel de Versailles, au motif que l’information n’est pas préalable au traitement et pas suffisamment individualisée,…