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Conférence – Lutte contre la désinformation : enjeux et survie de nos démocraties !

Conférence Droit, Politique, Sociétés Cycle de conférences Sciences et Société UP du Rhin Lutte contre la désinformation : enjeux et survie de nos démocraties ! La lutte contre la désinformation est devenue un enjeu majeur de notre siècle pour préserver la démocratie.   C’est le cas quotidiennement, mais plus particulièrement encore en période électorale, où la désinformation se pratique tout particulièrement sur les réseaux sociaux. Elle est parfois le fait des candidats ou des partis politiques eux-mêmes, mais souvent aussi un mode opératoire de groupes d’influence ou d’ingérences étrangères. Le fact-cheking et le legal-checking apparaissent alors comme des outils pédagogiques indispensables pour rétablir la véracité des informations, à l’image du travail mené régulièrement par Les Surligneurs. Au-delà, il s’agira de s’interroger sur les bénéfices et les limites des outils juridiques existants en matière de lutte contre la désinformation en France et dans l’Union européenne.   L’intervenant : Vincent Doebelin est docteur en droit public, chercheur au Centre Européen de recherche sur le Risque, le Droit des Accidents Collectifs et des Catastrophes (CERDACC), maître de conférence et référent Les Surligneurs à l’Université de Haute-Alsace.   Cette conférence vous est proposée par l’Université de Haute-Alsace et l’Université Populaire du Rhin dans le cadre de leur cycle de conférences Science & Société. Informations pratiques Jeudi 28 janvier 2027 18H30 – 20H Tout public Entrée gratuite Université Populaire du Rhin, salle de conférence de la Cour des Chaînes, 15 rue des Franciscains, Mulhouse Ajouter au calendrier Google Agenda iCalendar Outlook 365 Outlook Live Nous retrouver sur : Facebook Instagram Linkedin Youtube UP du Rhin « Tous les Évènements

La Russie est‑elle un État colonial ?

Publié le 8 juin 2026 La Russie est‑elle un État colonial  ? Clémentine Fauconnier, Université de Haute-Alsace (UHA)   Si la Fédération de Russie est aujourd’hui l’État le plus étendu de la planète, c’est parce que, des siècles durant, l’empire russe dont elle est la descendante directe n’a cessé de s’agrandir à force de conquêtes vers l’Est et vers le Sud. Pour autant, si cette dimension impériale est bien connue et documentée, l’aspect colonial de l’État russe est longtemps demeuré un impensé. Or, impérialisme et colonialisme ne sont pas synonymes. Dans son ouvrage la Russie de Poutine. Du tournant autoritaire à la guerre, qui vient de paraître aux éditions Le Cavalier Bleu, la politiste Clémentine Fauconnier, maîtresse de conférences à l’Université de Haute-Alsace, chercheuse à l’UMR Sociétés, acteurs, gouvernement en Europe et cofondatrice du Collectif de recherche sur la Russie contemporaine pour l’analyse de ses nouvelles trajectoires, CORUSCANT, met en lumière les tensions internes à la Russie – où vivent de nombreux peuples non russes qui, souvent, conservent un sentiment national spécifique – et participe au débat en cours sur le caractère colonial de la guerre que le Kremlin livre actuellement à l’Ukraine. Extraits. « Nous, les représentants des peuples autochtones et des régions colonisées de la Fédération de Russie, déclarons ouvert le processus de décolonisation complète et générale de la Russie. » Déclaration du Forum des peuples libres de la post-Russie, le 17 juillet 2022. Fondé le 8 mai 2022 quelques semaines après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, le Forum des peuples libres de la post-Russie s’est fait connaître par la diffusion d’une carte intitulée « L’Eurasie du nord en 2030 » représentant le territoire actuel de la Fédération de Russie morcelé en 41 États. « L’Eurasie du Nord en 2030 » (cliquer pour zoomer).Forum des peuples libres de la post-Russie Aussi radicale dans ses aspirations que controversée dans sa réception, l’initiative a cependant bénéficié d’un certain écho en multipliant les interventions en Europe, y compris au Parlement européen, en Amérique du Nord mais aussi au Japon ou encore à Taiwan. Fondé par l’entrepreneur ukrainien Oleg Magaletskyi, fervent soutien des révolutions orange et du Maïdan, les activités de ce forum sont emblématiques des enjeux de la mise à l’agenda de la dimension coloniale de la politique conduite par l’État russe, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses frontières.   Un processus constitutif de la construction de l’État russe : de la grille impériale à la grille coloniale S’il y a aujourd’hui consensus pour considérer le poids de l’histoire impériale de la Russie dans sa politique intérieure et extérieure actuelle, la dimension coloniale fait en revanche l’objet de débats bien plus marqués (Colin Lebedev, 2022). Fondé en 1721 par le tsar Pierre le Grand, l’État russe a officiellement été un Empire pendant près de deux siècles, jusqu’à la révolution bolchévique. Pour autant, les siècles précédents ont été très fortement marqués par la politique d’expansion territoriale des dirigeants de la Grande principauté de Moscou (1263-1547). De même, la création du Tsarat de Russie (1547-1721) fait explicitement référence aux empereurs romains et byzantins : le terme de tsar constituant une version russifiée de César – titre des empereurs romains – tandis que la qualification par Ivan le Terrible de Moscou comme une « troisième Rome » marque la continuité avec les centres impériaux de Rome et de Constantinople. Officiellement anti-impérialiste, l’État soviétique n’en présente pas moins un certain nombre de caractéristiques impériales : expansion territoriale, centralisation du pouvoir et reconnaissance du caractère plurinational de sa population tout en octroyant une prééminence à la langue et la culture russes. Auto-désignée comme « État multinational » selon la Constitution de 1993, la Fédération de Russie a conservé une structuration du territoire reconnaissant un petit degré d’autonomie aux régions historiquement peuplées de minorités – dites « nationalités » dans la terminologie russe : les républiques, les okroug et oblast autonomes. De même, elle a introduit la distinction entre citoyenneté et nationalité russe. L’adjectif rossiiskiï – parfois traduit « russien » en français – désigne, en effet l’ensemble des citoyens de la Fédération, là où celui de rousskiï désigne les Russes au sens ethnique du terme. S’il n’y a pas de discrimination formelle entre les différentes composantes de la population, il y a bien la mise en place d’un processus de différenciation et de hiérarchisation associé à un statut particulier accordé à la langue russe, dont la réforme constitutionnelle de 2020 précise qu’elle est « la langue du peuple constitutif de l’État » (art. 68). Alimentée par les tentatives plus ou moins fructueuses de la Fédération de Russie de maintenir une emprise sur les anciennes républiques soviétiques devenues États indépendants, l’apposition d’une grille de lecture coloniale à l’histoire de la Russie émerge à partir des années 2000 sans cependant réellement pénétrer le champ intellectuel russe lui-même. L’invasion à grande échelle de l’Ukraine a modifié la donne. L’envoi massif de représentants des minorités ethniques, demeurant bien souvent dans les régions les plus éloignées et les plus pauvres, sur le front ukrainien agit comme un révélateur et suscite un mouvement de protestation d’une vigueur significative dans un paysage par ailleurs fortement marqué par la répression et le musellement de toute voix dissidente. En parallèle, on note l’apparition de différents médias en ligne – académiques, politiques ou culturels – et chaînes Telegram à destination du lectorat russe qui abordent désormais frontalement les enjeux liés au colonialisme (Vokuev, 2024).   Nier l’existence de la nation ukrainienne : l’invasion russe au prisme de la domination coloniale Ne se recoupant que partiellement, les logiques impériale et coloniale supposent toutes les deux des processus de contrôle de la part d’un État sur un territoire et une population qui ne sont jamais totalement assimilés en restant dans une situation d’infériorité et d’altérité. Si la domination impériale peut passer par la force et la conquête militaire, elle suppose néanmoins une certaine tolérance vis-à-vis des minorités, ainsi que des échanges entre cultures majoritaire et subordonnées. L’empire désigne un processus de formation de l’État, où le pouvoir est centralisé de façon autoritaire, bien souvent personnelle, mais où cette autorité s’exerce de façon hétérogène en incluant, de façon certes hiérarchique et…

Hongrie : après la défaite d’Orban, un retour à l’Europe ?

Publié le 17 avril 2026 Hongrie : après la défaite d’Orban, un retour à l’Europe ? Pierrick Bruyas, Université de Haute-Alsace (UHA) et Péter Balogh, Eötvös Loránd University   Le nouveau gouvernement de Péter Magyar hérite d’institutions verrouillées par le pouvoir sortant et d’une conjoncture économique compliquée. Il va se rapprocher nettement de l’UE, sans pour autant totalement trancher avec certaines positions de Viktor Orban, notamment sur le dossier de la relation avec l’Ukraine Après seize années au pouvoir, Viktor Orban, 62 ans, chef du parti Fidesz (classé dans le camp de la droite radicale et siégeant au Parlement européen au sein du groupe « Patriotes pour l’Europe » aux côtés du RN français, du FPÖ autrichien ou encore des Espagnols de Vox) vient, à l’issue des législatives du 12 avril dernier, de concéder sa défaite face au parti Tisza, formation de droite (elle siège au Parlement européen avec le Parti populaire européen) menée par Péter Magyar, 45 ans. Selon ce dernier, la Hongrie ne vient pas de connaître une simple alternance politique, mais un « changement complet de régime ». La large victoire de Tisza (52 % des suffrages, contre 39 % pour le Fidesz et un peu moins de 6 % pour le parti d’extrême droite « Notre patrie ») lui offre une majorité des deux tiers des sièges au Parlement (137 sièges sur 199), la plus large jamais obtenue depuis la transition démocratique post-communiste. Le nouveau gouvernement dispose d’un mandat exceptionnel pour conduire la transition qu’il a promise vers l’après- « démocratie illibérale ». Mais les attentes citoyennes sont à la hauteur de cette victoire écrasante.   Une victoire révélatrice d’un rejet profond d’Orban Plusieurs facteurs expliquent l’ampleur de ce basculement. Lors des législatives précédentes, en 2022, une partie importante de l’électorat avait déjà manifesté un profond désenchantement à l’égard du gouvernement en place, ce qui ne s’était pas traduit par une défaite du Fidesz, notamment en raison de la fragmentation de l’opposition. Quatre ans plus tard, plusieurs petites formations ont choisi de ne pas se présenter ou de retirer certains candidats afin de favoriser l’émergence d’une alternative crédible, ce qui a permis à Tisza de s’imposer nettement comme principal rival du pouvoir. Le contexte international a également aussi été décisif : en 2022, l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie avait démarré récemment, ce qui avait permis à Viktor Orban de structurer sa campagne autour d’un discours sécuritaire. Il affirmait alors qu’un changement de gouvernement exposerait Budapest à un risque d’implication directe dans le conflit. Ce registre discursif a été employé de nouveau en 2026, mais il semble avoir perdu de son efficacité après plusieurs années de guerre : une large partie de l’électorat n’y adhère plus. Parallèlement, les critiques récurrentes d’Orban à l’égard de l’Union européenne n’ont pas affaibli l’attachement des Hongrois à leur appartenance à celle-ci. Selon l’Eurobaromètre de l’automne 2025, 82 % des Hongrois considèrent que faire partie de l’UE est une « bonne chose », soit une proportion supérieure à la moyenne des citoyens de l’UE partageant cette opinion, qui s’élève à 74 %. Dans ce contexte, la campagne de Tisza s’est centrée sur des enjeux internes du pays, perçus comme prioritaires par les électeurs. En effet, l’économie hongroise est en stagnation depuis plusieurs années, et la qualité des services publics — notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation ou encore des services sociaux et des infrastructures — se dégrade progressivement. Ces évolutions sont souvent expliquées par le mode de gouvernance d’Orban, fondé sur des pratiques de népotisme et de clientélisme dont les effets sont aujourd’hui très visibles. Le triomphe de Tisza aux législatives du 12 avril, qui constitue la plus large victoire enregistrée par un parti dans l’histoire récente de la Hongrie, traduit non seulement une désapprobation du gouvernement sortant, mais aussi une recomposition des attentes politiques. L’un des éléments saillants de cette recomposition tient à la dimension générationnelle du vote. Les jeunes électeurs ont ainsi apporté un soutien particulièrement prononcé à Tisza. Ayant grandi dans le cadre de l’intégration européenne, la Hongrie ayant adhéré à l’UE en 2004, ils sont particulièrement attachés aux bénéfices concrets qui y sont liés, tels que la liberté de circulation ou l’accès à l’espace européen d’enseignement et de recherche. Si ces générations ont longtemps manifesté une certaine distance vis-à-vis de la politique partisane, l’évolution récente de leur mobilisation semble indiquer une prise de conscience accrue des enjeux politiques nationaux. Les scènes de célébration observées à Budapest, qui ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes majoritairement jeunes, témoignent de cette dynamique, dans une atmosphère décrite comme euphorique, comparable à celle d’une victoire nationale au football…   Un droit constitutionnel favorable à la démocratie, mais un État de droit abîmé par les années Fidesz La Hongrie est un État unitaire organisé sous la forme d’une démocratie parlementaire : le vote qui compte le plus, c’est celui des élections législatives, pour partie majoritaire à un tour dans des circonscriptions, et pour partie proportionnel. Ainsi, comme dans la plupart des pays d’Europe, le chef du parti ayant obtenu le plus de sièges au Parlement devient premier ministre. Le président de la République, élu par l’Assemblée nationale, ne possède quasiment aucun pouvoir et exerce une magistrature essentiellement morale et protocolaire. En théorie, le président a la possibilité de ne pas accepter de ratifier une loi et d’exiger que le Parlement l’étudie à nouveau — ce que les juristes appellent un « veto suspensif ». Ces prérogatives n’ont toutefois quasiment pas été utilisées depuis l’arrivée de Viktor Orban à la tête du pays en 2010. Ce système, typiquement européen dans son architecture, est parfaitement conforme aux standards démocratiques. Cela étant, la Hongrie s’est indubitablement fait remarquer en Europe en raison de ce qu’Orban a lui-même contribué à théoriser comme « la démocratie illibérale ». Pour résumer, cette doctrine s’appuie sur le principe que le pouvoir provient du peuple et doit donc être exercé par le peuple et pour le peuple, quitte à opprimer si nécessaire les minorités ou à ne pas respecter la séparation des pouvoirs. C’est ainsi que Viktor Orban s’est employé à réduire l’indépendance de la justice, à mettre la main sur…

Relance du nucléaire : la nouvelle ruée vers l’uranium naturel

Publié le 20 février 2025 Relance du nucléaire : la nouvelle ruée vers l’uranium naturel Teva Meyer, Université de Haute-Alsace (UHA) Selon la World Nuclear Association, la demande mondiale d’uranium va quasiment tripler d’ici à 2040. Mais les principaux pays qui abritent cette ressource, en Asie centrale ou en Afrique, avaient levé le pied à la suite de la baisse du cours de l’uranium provoquée par l’accident de Fukushima (2011). Aujourd’hui, tous ne sont pas en mesure de répondre aux nouveaux besoins de productions. D’autres pays pourraient toutefois émerger et l’investissement dans des procédés moins gourmands en uranium sera également nécessaire. Cet article résume les résultats du récent rapport de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) sur la géopolitique de l’uranium Dans le flot des décrets signés par Donald Trump dès son retour à la Maison Blanche, « l’état d’urgence énergétique nationale » vise à intensifier l’extraction d’uranium naturel. Alors que le plan de développement du nucléaire publié par l’administration Biden nécessite 75 000 tonnes d’uranium par an en 2050, les États-Unis n’en produisaient que 193t en 2023. Washington est loin d’être seul à anticiper cette augmentation. La World Nuclear Association envisage une croissance de la demande mondiale à 180 000 tonnes par an en 2040 contre 65 650 aujourd’hui. La production est déjà insuffisante. En 2023, 75 % des besoins étaient assurés par l’extraction de minerais, le reste provenant de stocks et du retraitement des combustibles nucléaires. La totalité de cette production sert à l’industrie nucléaire civile, la consommation militaire restant marginale. La ressource ne manque pourtant pas : les réserves techniquement exploitables suffisent à couvrir les besoins mondiaux jusqu’à la fin du siècle. Tandis que la faiblesse des cours de l’uranium après l’accident de Fukushima avait mené à la fermeture de mines, leur flambée de 24$ à 74$ la livre entre 2020 et 2024 alimente aujourd’hui une ruée vers le minerai. Mais qui pourra y répondre ?   L’Asie centrale : cœur du monde de l’uranium, mais jusqu’à quand ? Avec 37 % de la production mondiale en 2023, le Kazakhstan est la première source d’uranium, devant le Canada (22,6 %) et la Namibie (14 %). Mais à l’été 2024, le groupe minier public Kazatomprom avertissait de son incapacité à augmenter ses extractions, faute d’approvisionnement en acide sulfurique. L’acide est un intrant indispensable à l’extraction de l’uranium par lixiviation in situ (ISL), une méthode qui consiste à injecter une solution dans le sol, pour dissoudre et récupérer par pompage le minerai. Le groupe a lancé la construction d’une usine d’acide, mais elle ne sera opérationnelle qu’en 2026. Simultanément, le pays consolide son tournant vers la Chine. Fin 2024, les entreprises chinoises du nucléaire CGN et CNNC rachetaient au Russe Rosatom ses parts dans deux mines kazakhes, tout en signant un contrat d’achat d’uranium pour plus de 2,5 milliards de dollars. Le voisin ouzbek espère suivre ce modèle. En juillet 2022, le président Mirziyoyev signait un décret visant à tripler la production d’ici à 2030 et atteindre 12 000t/an. Le gouvernement a restructuré la filière au sein d’une entreprise publique (Navoiyuran), favorisé la valorisation de co-produits pour baisser les coûts et engagé le rapprochement avec des groupes étrangers, dont le Français Orano. Avec 80 % de sa production d’ici à 2030 déjà vendue, cette stratégie apparaît efficace. Le Kazakhstan et l’Ouzbékistan font néanmoins face à un problème commun de transport : historiquement, le principal corridor d’acheminement d’Asie centrale vers l’ouest se faisait par train, via la Russie, jusqu’au port de Saint-Pétersbourg. Bien qu’aucune sanction ne bloque cette voie, Kazatomprom développe la route transcaspienne ouverte en 2018. L’entreprise est poussée à le faire par le groupe canadien Cameco, qui co-exploite des mines avec lui, et anticipe une éventuelle décision du Kremlin de bloquer le passage par son territoire. L’uranium quitte ainsi le Kazakhstan par le port d’Aktaou, traverse la Caspienne pour être chargé sur des trains à Bakou (Azerbaïdjan) avant de rejoindre le port de Poti (Géorgie) en mer Noire. Mais les ruptures de charge sur cette route, par laquelle passent 65 % des exportations d’uranium kazakh allant vers l’ouest, entraînent des surcoûts importants. Et le passage envisagé par le port de Shanghai tarde, la Chine rechignant à ouvrir une route d’exportation pour un minerai qui ne lui profiterait alors plus.   L’Afrique en peine pour s’imposer sur le marché Le salut ne viendra pas de Namibie. Si les extractions y ont augmenté de 40 % en 2022, la croissance se heurte à la disponibilité en eau. La Namibie traverse une grave sécheresse et la mine d’Husab, plus importante du pays, est le deuxième consommateur après la capitale Windhoek. L’industrie uranifère tient par la production d’une usine de dessalement. Une seconde est en construction par la Chine. Pékin contrôle en effet déjà l’uranium namibien : le pays possède les deux mines en fonction dans le pays (Husab et Rössing) et détient 25 % d’une troisième, Langer Heinrich, en cours de réouverture. Quant aux tentatives russes d’y ouvrir une mine, elles ont été repoussées par le gouvernement namibien, invoquant la protection des aquifères. Reste l’inconnu du Niger. Le pays, qui ne produisait déjà plus que 4 % de l’uranium mondial, n’en a plus exporté depuis début 2024, la fermeture de la frontière avec le Bénin après le coup d’État de juillet 2023 ayant bloqué l’acheminement du minerai. La position de la junte vis-à-vis des Occidentaux est dans ce contexte ambivalente : si elle a repris à Orano le contrôle de la mine d’Arlit et retiré son permis d’Imouraren, elle a renouvelé les autorisations d’exploration de groupes états-uniens et australiens. À l’heure, rien ne confirme que la Russie ait essayé d’accaparer les gisements d’Orano. Les tensions franco-nigériennes ont été largement instrumentalisées par la guerre informationnelle menée par le Kremlin sur le terrain de l’uranium. À l’inverse, le réinvestissement chinois au Niger est plus certain, le groupe CNNC réouvrant en mai 2024 sa mine d’Azelik.   Le Canada comme relais de croissance Bien que disposant des réserves les plus importantes au monde, la part de l’Australie dans la production d’uranium (8,5 %) a peu de chance de décoller. L’exploitation nécessite en effet l’autorisation…

Offensive ukrainienne : les Russes plongés dans la guerre

Publié le 20 août 2024 Offensive ukrainienne : les Russes plongés dans la guerre Des volontaires locaux passent devant un bâtiment endommagé par des frappes ukrainiennes à Koursk, le 16 août 2024. ©AFP – TATYANA MAKEYEVA   Le 6 août 2024, l’Ukraine a franchi la frontière Russe et contrôle une partie du territoire russe. En même temps au Kremlin, le pouvoir en place semble minimiser cette incursion.   France Culture vous invite à essayer de comprendre les enjeux politiques de cette épisode inédit dans la guerre Ukraine/Russie dans leur podcast France Culture va plus loin (l’Invité(e) des Matins).   Les invité·es : Clémentine Fauconnier est maîtresse de conférence en sciences politiques à l’UHA et chercheuse au laboratoire Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe (SAGE). Paul Gogo est journaliste à Moscou.   Écoutez le podcast : Pour plus d’information, rendez-vous sur le site : France Culture Clémentine Fauconnier Maîtresse de conférence en sciences politiques (FSESJ & SAGE) Sur le même thème Tous |Article |Non classé |Podcast |Question |Recherche participative |Vidéo La guerre de l’histoire : Poutine et l’héritage stalinien 22 mars 2022/ Publié le 22 mars 2022 La guerre de l’histoire : Poutine et l’héritage stalinien. Les propos de Vladimir et sa… Podcast Les termes du débat : Référendum 30 septembre 2022/ Publié le 30 septembre 2022 Les termes du débat : Référendum Une femme participe à un référendum dans un bureau… Podcast La Russie est‑elle un État colonial ? 8 juin 2026/ Publié le 8 juin 2026 La Russie est‑elle un État colonial  ? Clémentine Fauconnier, Université de Haute-Alsace (UHA)   Si la Fédération… Article

Procès, condamnations, verrouillage de l’information : que reste-t-il de l’opposition en Russie ?

Publié le 20 juillet 2024 Procès, condamnations, verrouillage de l’information : que reste-t-il de l’opposition en Russie ? Le 17 janvier à Baymak en Russie, des citoyens protestent contre la condamnation à 4 ans de prison d’un activiste local, Fail Alsynov. ©AFP – ANYA MARCHENKOVA / AFP   Les opposants politiques en Russie sont souvent contraints à l’exil, à défaut d’être condamnés à la prison. Pourtant, malgré la répression et la mort d’Alexeï Navalny, principal opposant à Poutine, l’opposition russe est toujours là, bien que muselée. France Culture vous propose une lecture croisée entre deux chercheuses et un prix Nobel de la paix dans le podcast « Le magazine du week-end » sur la place de l’opposition en Russie.   Les invité·es : Clémentine Fauconnier est maîtresse de conférence en sciences politiques à l’UHA et chercheuse au laboratoire Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe (SAGE). Anne Le Huérou est maîtresse de conférences à l’Université Paris-Ouest-Nanterre. Alexandre Tcherkassov est l’ex-président du conseil des droits humains de l’ONG Memorial et lauréat du prix Nobel de la paix en 2022.   Écoutez le podcast : Pour plus d’information, rendez-vous sur le site : France Culture Clémentine Fauconnier Maîtresse de conférence en sciences politiques (FSESJ & SAGE) Sur le même thème Tous |Article |Non classé |Podcast |Question |Recherche participative |Vidéo Boris Nadejdine, candidat révélateur d’une dissidence anti-guerre en Russie ? 29 janvier 2024/ Publié le 29 janvier 2024 Boris Nadejdine, candidat révélateur d’une dissidence anti-guerre en Russie ? Des personnes manifestants contre la condamnation… Podcast Offensive ukrainienne : les Russes plongés dans la guerre 20 août 2024/ Publié le 20 août 2024 Offensive ukrainienne : les Russes plongés dans la guerre Des volontaires locaux passent devant un… Podcast Hongrie : après la défaite d’Orban, un retour à l’Europe ? 17 avril 2026/ Publié le 17 avril 2026 Hongrie : après la défaite d’Orban, un retour à l’Europe ? Pierrick Bruyas, Université de Haute-Alsace (UHA) et… Article

Disparition d’Alexeï Navalny : la mort d’un martyr

Publié le 17 février 2024 Disparition d’Alexeï Navalny : la mort d’un martyr Navalny, lors d’une manifestation de l’opposition à Moscou, en 2018 ©AFP – Kirill KUDRYAVTSEV   L’un des principaux opposants politiques au régime politique de Vladimir Poutine, Alexeï Navalny, est mort en détention.   Il y purgeait une peine de 19 ans de réclusion pour extrémisme. Il est aujourd’hui encore le visage d’une opposition politique au régime en place, opposition durement réprimée. Dans le podcast « France Culture va plus loin le samedi« , deux chercheuses en sciences politiques reviennent sur l’homme politique, symbole d’hier, martyr aujourd’hui.   Les invité·es : Clémentine Fauconnier est maîtresse de conférence en sciences politiques à l’UHA et chercheuse au laboratoire Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe (SAGE). Anna Colin Lebedev est maîtresse de conférences en sciences politiques à l’Université Paris-Nanterre.   Écoutez le podcast : Pour plus d’information, rendez-vous sur le site : France Culture Clémentine Fauconnier Maîtresse de conférence en sciences politiques (FSESJ & SAGE) Sur le même thème Tous |Article |Non classé |Podcast |Question |Recherche participative |Vidéo De Navalny à Biden : Poutine au défi 15 janvier 2021/ Publié le 15 janvier 2021 De Navalny à Biden : Poutine au défi Le président russe Vladimir Poutine donne sa… Podcast Que peut l’opposant Navalny face à Poutine ? 26 janvier 2021/ Publié le 26 janvier 2021 Que peut l’opposant Navalny face à Poutine ? Selon l’ONG OVD Info, 3300 arrestations ont… Podcast Pandémie, Navalny, crise sociale : Poutine imperturbable 23 avril 2021/ Publié le 23 avril 2021 Pandémie, Navalny, crise sociale : Poutine imperturbable Le président russe Vladimir Poutine prononce son discours… Podcast

Boris Nadejdine, candidat révélateur d’une dissidence anti-guerre en Russie ?

Publié le 29 janvier 2024 Boris Nadejdine, candidat révélateur d’une dissidence anti-guerre en Russie ? Des personnes manifestants contre la condamnation d’un militant écologiste à quatre ans de prison dans la ville de Baymak, en Russie, le 17 janvier 2024. ©AFP – Anya Marchenkova / AFP   La nouvelle campagne présidentielle russe aura lieu en mars 2024, et un candidat interpelle par sa non-censure, c’est Boris Nadejdine.   Il prône pourtant un arrêt de la guerre en Ukraine, un discours habituellement censuré par le pouvoir politique en place. Dans le podcast France Culture « Les Enjeux internationaux« , partez à la découverte de ce candidat et de son discours avec une chercheuse en science politique.   L’invitée : Clémentine Fauconnier est maîtresse de conférence en sciences politiques à l’UHA et chercheuse au laboratoire Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe (SAGE).   Écoutez le podcast : Pour plus d’information, rendez-vous sur le site : France Culture Clémentine Fauconnier Maîtresse de conférence en sciences politiques (FSESJ & SAGE) Sur le même thème Tous |Article |Non classé |Podcast |Question |Recherche participative |Vidéo Russie : des institutions à la société civile, les oppositions au Kremlin 6 octobre 2022/ Publié le 6 octobre 2022 Russie : des institutions à la société civile, les oppositions au Kremlin Arrestation d’une manifestante le… Podcast 2024, l’année de toutes les élections 30 décembre 2023/ Publié le 30 décembre 2023 2024, l’année de toutes les élections Un électeur dépose son bulletin de vote à Sydney… Podcast Procès, condamnations, verrouillage de l’information : que reste-t-il de l’opposition en Russie ? 20 juillet 2024/ Publié le 20 juillet 2024 Procès, condamnations, verrouillage de l’information : que reste-t-il de l’opposition en Russie ? Le 17 janvier à… Podcast

2024, l’année de toutes les élections

Publié le 30 décembre 2023 2024, l’année de toutes les élections Un électeur dépose son bulletin de vote à Sydney en Australie, le 14 octobre 2023 ©AFP – Saeed KHAN / AFP   En 2024, 76 pays vont appeler leurs citoyens à venir voter. France Culture dans son podcast « Affaires étrangères » vous invite à découvrir les différents pays impliqués et les enjeux portés par ces élections, notamment en Russie.   Les invité·es : Clémentine Fauconnier est maîtresse de conférence en sciences politiques à l’UHA et chercheuse au laboratoire Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe (SAGE). Laurence Nardon est responsable du programme Etats-Unis à l’Institut Français des Relations Internationales (ITRI). Christophe Jaffrlot est directeur de recherche au CNRS. Gaspard Estrada est politologue à la London School of Economics. Sylvain Kahn est professeur au Centre d’histoire de Sciences Po.   Écoutez le podcast : Pour plus d’information, rendez-vous sur le site : France Culture Clémentine Fauconnier Maîtresse de conférence en sciences politiques (FSESJ & SAGE) Sur le même thème Tous |Article |Non classé |Podcast |Question |Recherche participative |Vidéo Elections en Russie : et si Poutine vacillait sur ses bases ? 9 septembre 2019/ Publié le 9 septembre 2019 Elections en Russie : et si Poutine vacillait sur ses bases ? Elections en Russie, sérieux… Podcast Boris Nadejdine, candidat révélateur d’une dissidence anti-guerre en Russie ? 29 janvier 2024/ Publié le 29 janvier 2024 Boris Nadejdine, candidat révélateur d’une dissidence anti-guerre en Russie ? Des personnes manifestants contre la condamnation… Podcast Procès, condamnations, verrouillage de l’information : que reste-t-il de l’opposition en Russie ? 20 juillet 2024/ Publié le 20 juillet 2024 Procès, condamnations, verrouillage de l’information : que reste-t-il de l’opposition en Russie ? Le 17 janvier à… Podcast

Léon Blum, une vie héroïque – Les Mariés de Buchenwald

Publié le 19 novembre 2023 Léon Blum, une vie héroïque : Les Mariés de Buchenwald Visuel Podcast « Léon Blum, une vie héroïque » ©Radio France – Julien Mougnon   Seconde Guerre Mondiale, Léon Blum, leader du front populaire, est déporté au camp du Buchenwald en tant que prisonnier politique. Sa femme, Jeanne Reichenbach, le rejoint et leur amour l’aide à survivre. Découvrez dans ce podcast France Culture « Léon Blum, une vie héroïque« , au côté d’historien·nes spécialistes l’histoire de ce couple humaniste.   Les invité·es : Renaud Meltz est professeur d’histoire contemporaine à l’UHA et chercheur au Centre de Recherche sur les Economies, les Sociétés, les Arts et les Techniques (CRESAT).  Pascal Ory est historien, spécialiste d’histoire culturelle et membre de l’Académie française.Dominique Missika est historienne et éditrice.Pierre Birnbaum est historien et professeur émérite à l’Université Paris/Panthéon-Sorbonne.Ilan Greilsammer est historien et professeur de sciences politiques à l’université Bar-Ilan de Ramat Gan en Israël.Bénédicte Vergez Chaignon est historienne française et spécialiste de la Seconde Guerre mondiale et de l’Occupation.   Écoutez le podcast : Pour plus d’information, rendez-vous sur le site : France Inter Renaud Meltz Professeur d’histoire contemporaine (FSESJ & CRESAT) Sur le même thème Tous |Article |Non classé |Podcast |Question |Recherche participative |Vidéo L’Alsace dans la France 1918-1940 8 avril 2013/ Publié le 8 avril 2013 L’Alsace dans la France 1918-1940 Accueil des troupes françaises en Alsace 1919 © cc  … Podcast Les fleurs retrouvées de Lily Ebstein 21 août 2018/ Publié le 21 août 2018 Les fleurs retrouvées de Lily Ebstein Lily Ebstein   Le 9 juin 2017, une rue… Podcast Après l’ENA, comment former les hauts fonctionnaires ? 9 avril 2021/ Publié le 9 avril 2021 Après l’ENA, comment former les hauts-fonctionnaires ? La promotion Victor Schoelcher de 1955 ©AFP –… Podcast